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	<title>La vache multicolore</title>
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	<description>Pour se faire un cœur d&#039;homme</description>
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		<title>Mon dehors</title>
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		<pubDate>Tue, 29 May 2012 20:44:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai mon dehors à moi que nul ne partage que je veuille. Et quand je veux c&#8217;est encore peu que je laisse voir Il n&#8217;est jusqu’à moi même qui ne puisse tout voir C&#8217;est la liberté mienne, ce dedans qui &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=1004">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai mon dehors à moi que nul ne partage que je veuille.<br />
Et quand je veux c&#8217;est encore peu que je laisse voir<br />
Il n&#8217;est jusqu’à moi même qui ne puisse tout voir<span id="more-1004"></span></p>
<p>C&#8217;est la liberté mienne, ce dedans qui m&#8217;est une zone du dehors<br />
Comme un sauvetage de la nature du monde et du peuple<br />
Vois-tu, je m&#8217;étend très au-delà de ce que je saisis</p>
<p>Tu ne comprends pas cette suie qui me trace une périphérie si profonde<br />
Seul, le Lynx de vérité se léopardise au bord de mes franges lointaines.<br />
La volupté de son souffle et sa proximité comme m&#8217;étant acquises.</p>
<p>Le fauve est la couleur de mon dehors, il y a du feu aussi<br />
Et quelque chose qui trace des lignes de vie sous la tourbe brûlante<br />
J&#8217;atteins ainsi d&#8217;extralucides points névralgiques de toutes pensées</p>
<p>De longue, je voulais dire cette extension du domaine de ma lutte<br />
Il y fût nécessaire ton expansion indéfinie dans le cosmos sous forme de cendres<br />
Mais je ne saurais dire le nombre exact de lettres qu&#8217;il faut à le nommer.</p>
<p>Je devrais te suivre, Il va pas à pas jusqu’au sommet puis au fond<br />
Il occupe les quatre dimensions de l&#8217;espace courbe et reflète l&#8217;Azur<br />
Moi, concavité sans importance, j&#8217;examine gravement ce dehors qui m&#8217;est confié !</p>
<p>Que j&#8217;aime, serait-ce trop demander ?</p>
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		<title>J&#8217;ai cru voir poindre une aurore</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 05:14:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poélitique]]></category>
		<category><![CDATA[aurore]]></category>
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		<description><![CDATA[Corrige-moi si je me trompe, camarade élevé au grain de l&#8217;aube qui se lève chaque matin avec au pied des émules compactes. Mais j&#8217;ai cru voir poindre une aurore dans chaque chose, dans chaque main, dans chaque cœur et voici &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=1001">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Corrige-moi si je me trompe, camarade élevé au grain de l&#8217;aube qui se lève chaque matin avec au pied des émules compactes. Mais j&#8217;ai cru voir poindre une aurore dans chaque chose, dans chaque main, dans chaque cœur et voici que très vite à cette boréale se substitue une miroiterie suspecte, comme un dessin animé de vile tourbe.<span id="more-1001"></span></p>
<p>C&#8217;est que sans doute en mon âme je suis allant, trop allant de l&#8217;avant, trop en devenirs ébloui de comètes et de galaxies. Je vois alors mesquineries où ne seraient que stratégies bien pensées par des penseurs bien nés de la cuisse et du poitrail d&#8217;un Jaurès ou d&#8217;un Marx. C&#8217;est cela, ce doit être l&#8217;impatient qui me sort de l&#8217;impassible, laissant me pénétrer l&#8217;os et la moelle toujours d&#8217;une incandescente colère d&#8217;anarchiste qui ne semble décidément pas vouloir me quitter.</p>
<p>C&#8217;est que je suis la colère !</p>
<p>C&#8217;est que je suis de ceux qui sucent une mamelle amère depuis tout le temps d&#8217;un accomplissement qui survit tout rabougrie dans le fond d&#8217;une boite en bois griffée de ses ongles sous lesquels saigne un sang qui fleurit des drapeaux au coût exorbitant. Je suis de ceux que rien ne remplit dans ce monde, même pas une mère aux tétons accueillants et aux joues attendries par l&#8217;enfant qui les bise.</p>
<p>Voilà, camarade, ami vers lequel je lance mon firmament tendre et musical, que remonte décidément vers les ors et les armures des seigneuries les fanfares et les courtisanes. Ne peut-il donc en devenir autrement que par l&#8217;explosion de la chair et la dispersion du sang dans les cendres ? Nous avons rêvé, j&#8217;ai rêvé, j&#8217;ai eu un bon trip mais me voici redescendant l&#8217;aurore boréale désormais ramollie et comme alourdie de la mort d&#8217;un père.</p>
<p>Ma colère ne semble pas vouloir se plier à la raison. Elle résiste comme si elle était ma force vitale unique. Je ne vis peut-être que de colère, me nourrissant de colère et de haine, produisant de la colère et de la haine en force colique aux dimensions cosmiques. Je suis un puissant anaphore ! Un qu&#8217;insupporte la cloison, l&#8217;édifice de boue déguisé en palais de carton pleutre. Ma colère contre votre peur !</p>
<p>J&#8217;ai du me faire gourance, camarade, ami, sincère compagnon de hampe ! Ressaisis-moi je te prie, vascularises de ta joie et de ta croyance mes muscles striés marbrés du froid saisissant de cette hargne chevaline.</p>
<p>Je me tromperais d&#8217;affliger mon âme à ce spectacle qui se joue dans ce bas caniveau que tu prends pour le haut de la pensée politique ? Je me tromperais alors, ah, voilà qu&#8217;un sang propre et net vient gorger et tonifier ce qui dans ma gorge palpite et s&#8217;énerve. L&#8217;ennemi, l&#8217;adversaire, ne serait pas à ce point puissant et fourbe que par sa fourberie et sa puissance le peuple de ce valeureux pays ne pourrait être tourné et retourné par quelques verroteries reloockées transmises sur plat écran, par quelques sucreries parfumées aux senteurs délicatement évolutionnaristes ? Ah, tu me vois lévitant au-dessus de mon acrimonie, allégé par cette évidence raisonnable que tu brûles en bouquet d&#8217;encens vermillonné exprès pour mes naseaux frémissants.</p>
<p>Merci camarade, merci ami, de remettre en mon émeute méfiante et sans aucun doute un peu paranoïaque, un rien d&#8217;une certitude mâtinée par des siècles d&#8217;espérances déçues. J&#8217;admire ta passion du changement. Ta passion des lendemains heureux, ta passion de l&#8217;aube flamboyante qui se lève sur un monde libéré du mal apaise ma horde et sa sueur furieuse. J&#8217;envie cette certitude droite et grande quand je me tord dans la douleur d&#8217;un enfantement qui semble voué à l&#8217;infini dans les deux sens du mot. Ma colère est là sans doute, de sentir l&#8217;infinir de l&#8217;enfant et de sa mère, l&#8217;infinir du mourant sur son lit qui n&#8217;en finit pas d&#8217;être lit et d&#8217;être mourant, l&#8217;infinir de l&#8217;oppression de l&#8217;air sur ma cage thoracique, l&#8217;infinir du vivant dont toutes les cellules respirent à chaque seconde et meurent à chaque seconde dans une course haletante contre la dissolution définitive de l&#8217;Assemblée du Moi.</p>
<p>Je prépare ma pensée à rencontrer mes camarades en espoir. Je prépare ma pensée à contenir assez ma colère pour ne pas la répandre en détersif violent des agents mystérieux de la liaison de l&#8217;assemblée des citoyens. Je ne veux pas être un de ceux qui se reproduisent dans l&#8217;autre, les autres, ne considérant digne que leur insuffisance qu&#8217;ils émeuvent en suffisance arrogante et imbue. Je ne suis pas un qui se répand sur le monde comme une couleur dominante et terroriste. Si ma couleur est saturée de sombre pressentiments pourquoi voudrais-je en contaminer les corps amis qui pressent leur bouches heureuses contre mon front ? Non, je partagerais plutôt la simplicité de leurs événements groupusculaires avec sincérité, remisant pour plus tard, dans le refuge de quelques prestations musicales matutinales, l&#8217;expression libre et monstrueuse de mon fond.</p>
<p>Corrige moi si je me trompe, camarade supraterrestre, frère Jésus, mais je perçois dans les linéaments de l&#8217;infinité que te caractérises cette fibre encolère du mésentère, comme une crispation neuropathique de ton innervation sympathique, frisant l&#8217;infarctus et la brouille du gauche avec le droit. Je crois, mangeant ici la démangeaison de cette aube naissante en remplissant mes tympans d&#8217;un clavecin tempéré sous les doigts du Gould, qu&#8217;il me faudra quitter cette terre agitée de tremblements parkinsoniens pour un ciel de poésie retrouvée, c&#8217;est là que se trouve ma profondeur, ce qui ressemble le plus à mon bonheur. Le Pacifique m&#8217;atteint de cette fraîcheur de la rosée, de cette nature sauvage des circulations profuses des élans levés des étangs cosmiques. Chaque matin doit avoir sa part d&#8217;affirmation complète du retour d&#8217;un nouveau matin rempli de la succession de tous les matins passés et à venir.</p>
<p>Merci, camarade et ami, merci de te retrouver !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les sous-commandant Marcos interdit de tweeter ?</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 17:20:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai pas pu tweeter vers une page web contenant un entretien entre le leader zapatiste et Manuel-Vasquez Montalban à caractère soi-disant dangereux (sic!) alors, comme on me refuse l&#8217;entrée officielle je passe par la porte du jardin, n&#8217;en déplaise. &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=995">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_998" class="wp-caption aligncenter" style="width: 337px"><a href="http://jargenty.fr/vache/wp-content/uploads/2012/04/SCMarcosAttac.jpg"><img class=" wp-image-998" title="SCMarcosAttac" src="http://jargenty.fr/vache/wp-content/uploads/2012/04/SCMarcosAttac-193x300.jpg" alt="" width="327" height="507" /></a><p class="wp-caption-text">Marcos croqué par lui-même devant la délégation française (Xochimilco, Mexique, 10 mars 2001)</p></div>
<p>Je n&#8217;ai pas pu tweeter vers une page web contenant <a href="http://membres.multimania.fr/jes/marcos2-fr.htm" target="_blank">un entretien entre le leader zapatiste et Manuel-Vasquez Montalban</a> à caractère soi-disant dangereux (sic!) alors, comme on me refuse l&#8217;entrée officielle je passe par la porte du jardin, n&#8217;en déplaise. On va voir si ma page est refusée elle aussi.</p>
<p>En attendant les résultats du premier tour des élections présidentielles en France, je m&#8217;intéresse au Mexique, à cette nation séculaire, trésor de l&#8217;humanité, soumise depuis des décennies à des régimes dévoués corps et âmes, contre espèces sonnantes et trébuchantes, au néolibéralisme le plus débridé, le plus fou, le plus stupide, le plus cruel et le plus roublard qui soit. Tout cela semble pouvoir aller ensemble jusqu&#8217;à une abjection indicible.</p>
<p>Je me demande depuis que je suis engagé dans cette campagne électorale avec le Front de Gauche sur quoi tout cela peut déboucher, comment, au delà des deux élections, le peuple de gauche va pouvoir s&#8217;organiser pour mener cette révolution citoyenne qu&#8217;il a commencé avec les urnes, quel que soit le résultat du vote d&#8217;ailleurs. Je comprend en lisant cet article pourquoi je suis attiré par cette affaire zapatiste, c&#8217;est que ce mouvement s&#8217;appuie non sur des appareils de partis ou sur des structures étatiques mais sur le tissus social lui-même, sur la société civile. Il me semble que c&#8217;est cela qui fait non seulement son originalité mais son efficacité et surtout sa force d&#8217;éducation du peuple. La révolution considérée comme une initiative d&#8217;éducation populaire.</p>
<p>Je me suis interrogé beaucoup, comme d&#8217;autres d&#8217;ailleurs, sur l&#8217;avenir d&#8217;un groupe social tel que le Front de Gauche au-delà des élections. L&#8217;avenir des partis qui le constituent. Beaucoup dans le Front de Gauche redoutent la fusion des partis dans un nouveau parti qui serait le Front de Gauche comme il redoute son éclatement sous la pression identitaire des partis et groupes qui le composent. Le Front de Gauche n&#8217;a pas vocation à devenir un parti politique, je ne le crois pas, tout comme l&#8217;EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) n&#8217;a pas vocation à devenir un parti politique. Le Front de Gauche est pour moi aujourd&#8217;hui une force d&#8217;organisation de la société civile contre l&#8217;offensive néolibérale. Comme l&#8217;a aussi écrit le sous-commandant Marcos dans un article récent dans le Monde Diplomatique (<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1997/08/MARCOS/8976" target="_blank">extrait en accès libre sur le net</a>) le monde est entré dans la 4ème guerre mondiale, celle des peuples contre le néolibéralisme. Sans doute la dernière phase d&#8217;organisation de l&#8217;humanité qui se soldera soit par la disparition de l&#8217;espèce humaine soit par son érection en tant que gardienne du monde et peut-être même de cette partie de l&#8217;espace infini dans laquelle nous vivons.</p>
<p>Notons comment les composantes du Front de Gauche ont du nécessairement évoluer pour que cet ensemble puisse vivre et trouver comment s&#8217;adresser aux français. Le PCF que je connais assez bien a du opérer une des plus importante mutation de son histoire et pourtant je met ma main au feu qu&#8217;il n&#8217;y a pas laissé son identité, sans doute au contraire cette identité s&#8217;est-elle renforcée du fait de cette confrontation fraternelle. Qu&#8217;une femme, Marie-Georges Buffet, une féministe, soit aujourd&#8217;hui la secrétaire nationale d&#8217;une organisation aux traditions aussi patriarcales est un révélateur de cette mutation profonde à laquelle l&#8217;émergence du Front de Gauche n&#8217;est probablement pas étrangère.</p>
<p>En cela il ne me semble pas absurde de postuler que le Front de Gauche est une préforme de l&#8217;organisation sociale à venir, une sorte de matrice dont les Assemblées Citoyennes me paraissent une des manifestations les plus intéressantes. A des structures sociales dépassées, complètement ravagées par l&#8217;empreinte des oligarchies au pouvoir se substitue une forme d&#8217;organisation engendrée par le peuple et pour le peuple. Pas mal de sociologues et de philosophes de la lignée deleuzienne notamment ou delezo-marxiste si ça existe, avaient anticipé un mouvement de cette sorte sans vraiment pouvoir le décrire précisément mais ce fait m&#8217;avait frappé et j&#8217;ai longtemps cherché moi-même à identifier ce mouvement que j&#8217;ai cru trouver en dernier ressort chez les Indignés. Pourquoi pas ? Sauf qu&#8217;il n&#8217;y a pas chez les indignés un moteur que l&#8217;on retrouve au FdG et aussi chez les zapatistes, l&#8217;histoire du mouvement.</p>
<p>N&#8217;avez-vous pas ressenti la force énorme injectée dans le mouvement impulsé par le Front de Gauche par le rappel à nos fondamentaux historiques. Nous sommes la Révolution. D&#8217;autres peuples sur Terre utilisent les mots de notre révolution pour entreprendre la leur. C&#8217;est dire aussi en passant la puissance (et je pèse le mot !) de l&#8217;évocation par J.L. Mélenchon de cette nation universaliste qu&#8217;est la France. Ça n&#8217;est pas se prendre pour les leaders du monde, c&#8217;est reconnaître la valeur hautement symbolique, pour tous les peuples de la planète, de cette première insurrection civique qui a eu lieu sur notre territoire, dans cette partie du monde. En même temps que naissait le capitalisme moderne naissait aussi son antidote. Le monde a les yeux rivé sur ce qui va se passer chez nous, c&#8217;est notre lot!</p>
<p>Je ne suis pas zapatiste, je ne connais d&#8217;ailleurs pas assez cette histoire-là pour m&#8217;en revendiquer en quoi que ce soit mais ce que j&#8217;en ai lu ne laisse pas de m&#8217;étonner par la similitude des situations non pas sur un plan factuel, micro-politique, mais sur un plan global. Voilà un pays, le Mexique, dans lequel, un peu comme en Grèce d&#8217;ailleurs, le néolibéralisme pousse sa folie dans ses extrémités les plus terrifiantes. Toutes les pires avanies y semblent possibles. Les hommes et la terre de ce pays en font les frais, c&#8217;est une véritable dévastation qui s&#8217;y déroule en ce moment sous le prétexte d&#8217;une guerre contre les narco-trafiquants. A qui profite le crime, devinez ?</p>
<p>Aux Etats-Unis d&#8217;Amérique.</p>
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		<title>Le #PCF et le nucléaire ≠ L&#8217;Humain d&#8217;abord et le nucléaire</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 06:23:47 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas encore qu&#8217;elle est ma position sur cette affaire délicate du nucléaire. Bien sûr je ne voudrais pas que mes enfants et mes petits enfants me reprochent dans ma vieillesse d&#8217;avoir été coupable de négligence sur le &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=991">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne sais pas encore qu&#8217;elle est ma position sur cette affaire délicate du nucléaire. Bien sûr je ne voudrais pas que mes enfants et mes petits enfants me reprochent dans ma vieillesse d&#8217;avoir été coupable de négligence sur le plan de la conservation de l&#8217;écosystème humain dans lequel ils grandiront, par conséquent je m&#8217;engage sur ce qui me semble le plus adéquat en ce moment de grandes décisions électorales.</p>
<p><span id="more-991"></span>Je suis bien entendu favorable sans réserve à la planification écologique telle qu&#8217;elle est proposée aux français dans le programme du Front de Gauche : <a href="http://www.placeaupeuple2012.fr/wp-content/uploads/humain_dabord.pdf">L&#8217;Humain d&#8217;Abord</a>. Il est pour moi essentiel de combiner une croissance basée sur les besoins réels et non sur une offre complètement folle et destructrice avec une réorganisation du territoire autour d&#8217;une production de biens et de services qui permettent à celui-ci de vivre harmonieusement et de se développer sans nuire à ses habitants, à sa faune et à sa flore. Le développement des alternatives à l&#8217;énergie carbonée est donc une priorité. Mais la sortie du nucléaire doit-elle être une priorité comme le prône certains ?</p>
<p><a href="http://www.pcf.fr/15262" target="_blank">L&#8217;article paru dans le site du Parti Communiste Français</a> a le mérite de poser le débat en termes clairs en rappelant les termes du programme de gouvernement d&#8217;une part et ensuit en donnant le point de vue d&#8217;un parti politique dont j&#8217;ai toujours été proche mais dont je me méfie de la fascination qu&#8217;ils manifestent pour les technologies et la science en général.  Les communistes français ont toujours été sensible au développement des sciences et des techniques. C&#8217;est l&#8217;honneur des ouvriers par leur savoir faire qu&#8217;ils veulent valoriser. Serait-ce à tout prix ?</p>
<p>La menace sur l&#8217;humanité existe bel et bien depuis l&#8217;explosion des deux bombes atomiques sur le Japon en passant par Tchernobyl et maintenant Fukushima (je cite les plus médiatisés des accidents), doit-on en conclure qu&#8217;il est impossible de sécuriser le nucléaire civil ? Ceci reste à démontrer il me semble. En tout cas je ne suis pas certain que l&#8217;on puisse déduire simplement cette impossibilité. Je crains que cette position, argumentée par des désastres réels j&#8217;en conviens facilement, ne relève pas d&#8217;autre chose que d&#8217;un imaginaire du monstre comme nos anciens ont pu en connaître avec la machine à vapeur entre autres. J&#8217;admets que je partage cette crainte mais je me demande aussi si nous pouvons nous passer de cette ressource énergétique.</p>
<p>Je ne suis pas si sûr que ça que nous soyons actuellement prêts à renoncer à un certain standing permis par cet apport là. Que nous discutions de cela une fois qu&#8217;un développement satisfaisant des énergies alternatives aux énergies carbonées et à l&#8217;énergie nucléaire aura été atteint, pourquoi pas ? Ceci dit je le répète, je ne suis pas convaincu que cette dernière ne puisse pas être sécurisée. De plus, je pense que certains projets de l&#8217;humanité ne pourront pas être mis en œuvre sans cette énergie ou sans une énergie équivalente qui n&#8217;a pas encore été découverte pour l&#8217;heure. A moins que des progrès énormes ne soient accomplis dans l&#8217;utilisation de l&#8217;énergie des soleils ou des vents solaires je ne vois pas comment nous pourrions partir à la conquête des étoiles lointaines ou même simplement poursuivre et pousser plus avant l&#8217;exploration et l&#8217;exploitation du système solaire. Il ne me semble pas que nous puissions abandonner de telles ambitions pour l&#8217;humanité qui sont aussi de grands rêves humains.</p>
<p>D&#8217;un autre côté je ne suis pas convaincu par l&#8217;article du PCF dans lequel il est estimé qu&#8217;un tout national de l&#8217;exploitation des centrales nucléaires serait une garantie de sécurité. L&#8217;erreur humaine, quelle soit privée ou publique est toujours possible, des négligences restent toujours possibles car les être humains ne sont pas des machines et leur rationalité est rarement indemne de tendances inconscientes non dominées par les individus. Sommes nous assez adultes pour &laquo;&nbsp;jouer&nbsp;&raquo; avec l&#8217;atome ? Rien n&#8217;est moins sûr !</p>
<p>Partant de cette dernière constatation je me demande à présent si nous sommes assez mûrs pour prendre une décision éclairée par référendum comme le propose le Front de Gauche dans son programme ? Argh, ça devient compliqué. Mais alors sommes nous aussi assez adultes pour voter ? Si nous sommes assez adultes pour voter, c&#8217;est à dire choisir des orientations pour notre pays, quitte à le mettre quasiment au bord du fascisme et de la catastrophe comme nous avons su le faire en mettant à la tête de l&#8217;état un danger public comme le sieur Sarkozy, ne sommes nous pas capable de choisir une fois encore des orientations en matière énergétique qui nous précipiteront vers la catastrophe ?</p>
<p>Comme s&#8217;assurer d&#8217;être assez adulte pour faire le bon choix ? Comme s&#8217;assurer d&#8217;être assez adulte pour qu&#8217;une fois le pouvoir redonné au peuple celui-ci ne fasse pas des conneries avec ? La réponse à ces questions se trouve dans l&#8217;éducation populaire. Pas une éducation populaire à la : &laquo;&nbsp;regardez comme je suis intelligent et comme je cause bien dedans le poste !&nbsp;&raquo;, non, une vraie éducation populaire qui fait grandir le degrés de connaissance et de responsabilité de tous. Le programme l&#8217;Humain d&#8217;Abord est porteur d&#8217;une telle ambition que Jean Luc Mélenchon a commencé à mettre en œuvre dans ces meetings  (avec la limite que l&#8217;on peut trouver au discours du Maître, ou de l&#8217;Universitaire ) et qui passe par la ritualisation de moments tels que les Assemblées Citoyennes dans lesquelles le travail de la parole et de la citoyenneté peut se déployer. Il existe d&#8217;autres initiatives d&#8217;éducation populaire et l&#8217;internet me semble pouvoir être lui aussi une immense école pour tous.</p>
<p>En attendant qu&#8217;assez de français soient majeurs dans leur tête et leur raison il conviendrait peut-être de faire jouer un principe de précaution concernant l&#8217;exploitation d&#8217;une énergie potentiellement redoutable pour notre pays, pour l&#8217;Europe et pour le monde. En stoppant le développement de projets sur lesquels les français ne se sont pas prononcés, en limitant au strict minimum l&#8217;exploitation actuelle de l&#8217;énergie nucléaire et en mettant en route un renforcement maximum des conditions d&#8217;exploitation actuelles.</p>
<p>Nous ne pouvons pas faire de miracle sans le peuple de ce pays. Nous ne pouvons pas prendre de décisions qui engage ce peuple sans qu&#8217;il puisse donner son avis. Nous avons peur de son avis. Qui sommes-nous pour décider à sa place ? Je ne peux poursuivre au-delà mon questionnement mais peut-être que vos commentaires enrichiront cette réflexion.</p>
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		<title>Créons une chaîne européenne de messages de soutien à l&#8217;Insurrection Citoyenne en France</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Apr 2012 05:39:59 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Création]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme cette vidéo qui contient des messages de soutien au Front de Gauche en espagnol, portugais, grec, anglais, etc&#8230;, diffusez vos créations vidéo, texte et images en allant Take The Power In Europe Le meilleur média pour le peuple est &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=988">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/TtuL5aWRsng" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>Comme cette vidéo qui contient des messages de soutien au Front de Gauche en espagnol, portugais, grec, anglais, etc&#8230;, diffusez vos créations vidéo, texte et images en allant <a href="http://take-the-power-in-europe.pcf.fr/" target="_blank">Take The Power In Europe</a></p>
<p>Le meilleur média pour le peuple est le peuple lui-même.</p>
<p>Ne vous laissez pas faire : Indignez-vous en rejoignant le <a href="http://www.placeaupeuple2012.fr/" target="_blank">Front de Gauche</a> !</p>
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		<title>Lier son blog WP avec Twitter et FB</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 16:02:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il paraît qu&#8217;on peut lier #WP avec #Twitter et #FB. J&#8217;essaye la chose à présent pour mieux diffuser #melenchon et #FdG. J&#8217;ai trouvé cette astuce sur ce Geekodrome Ça peut servir à d&#8217;autres. Du coup j&#8217;écris depuis mon blog qui &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=986">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il paraît qu&#8217;on peut lier #WP avec #Twitter et #FB. J&#8217;essaye la chose à présent pour mieux diffuser #melenchon et #FdG.</p>
<p>J&#8217;ai trouvé cette astuce sur ce <a title="Geekorner" href="http://www.geekorner.com/2011/11/24/publier-simultanement-sur-wordpress-facebook-et-twitter-tutoriel/" target="_blank">Geekodrome</a></p>
<p>Ça peut servir à d&#8217;autres.</p>
<p>Du coup j&#8217;écris depuis mon blog qui peut ainsi rester actif et en même temps je me répand sur la toile.</p>
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		<title>Tuer et se tuer !</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 05:19:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je voulais rajouter au flot de réflexion et d&#8217;analyse qui fort heureusement brouille la litanie horrifique qui entoure l&#8217;affaire Mehra, une réflexion sur l&#8217;insignifiance car je crois que la vie ordinaire a une valeur. Les actes bénins de la vie &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=980">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je voulais rajouter au flot de réflexion et d&#8217;analyse qui fort heureusement brouille la litanie horrifique qui entoure l&#8217;affaire Mehra, une réflexion sur l&#8217;insignifiance car je crois que la vie ordinaire a une valeur. Les actes bénins de la vie ordinaire, avec leur simplicité quotidienne, leur routine parfois, les petites choses, l&#8217;activité de fourmi du militant, celle patiente et constante du père de famille, tous ces actes ont une valeur mais cette valeur n&#8217;est pas marchande et souffre donc de ne pas être reconnu pour ce qu&#8217;elle vaut dans la société consumériste qui nous étouffe.<span id="more-980"></span></p>
<p>Le mot valeur a aujourd&#8217;hui pris un autre sens, comme tant d&#8217;autres mots qui sont refaçonnés, reconstruits par la pensée mortifère du néolibéralisme. Il n&#8217;y a plus de valeur que marchande. D&#8217;ailleurs, le storytelling, pratiqué par la famille Sarkozy est une marchandisation de la vie familiale. Une vie familiale qui ne peut apparaître dans la presse people qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Quelle valeur a-t-elle ? Rien, nada, aucune.</p>
<p>La vie de Merah a pris de la valeur grâce à la tuerie, au meurtre, à l&#8217;horreur : une valeur marchande qui vaut pour son côté spectaculaire et surtout pour l&#8217;instrumentation idéologique qu&#8217;elle permet au pouvoir en place qui ne recule devant rien . Merah est sorti de cette insignifiance douloureuse et insupportable dans laquelle sont tenus ceux qui sont en marge, voir hors le système. Les sans&#8230; en savent quelque chose dont l&#8217;existence même est déniée par le système. En particulier les sans travail qui sont légion et qui perdent leur dignité d&#8217;homme dans cette affaire sociale dont il n&#8217;y a qu&#8217;un Mélenchon pour la faire exister dans ces meetings de campagne.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce que cette vie, cette société, ce système dans lequel pour exister il faut mourir ou tuer, voire les deux ? Le tueur de Nanterre, le meurtrier de conseillers municipaux, Richard Durn (qui n&#8217;était pas arabe) l&#8217;avait signifié en son temps : je ne suis rien, je n&#8217;ai rien, je ne suis qu&#8217;un soumis, un faible. Il est mort et a entraîné dans sa mort des &laquo;&nbsp;innocents&nbsp;&raquo; bien choisis. Certains ont dit qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;innocents. Je le crois, mais je crois aussi qu&#8217;il y a certainement une classe à inventer entre innocents et coupables : les &laquo;&nbsp;incapables sociaux&nbsp;&raquo; oserais-je, mais il y a sans doute mieux, un vocable mieux ciselé, autrement dit ceux qui ne peuvent pas penser par eux-mêmes et s&#8217;abreuvent toute leur vie aux mamelles du consensus pathogène délivré avec générosité par les mass-médias. Eux sont les vrais coupables, les médias de masse, et ceux qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes. Le pouvoir de l&#8217;argent.</p>
<p>Au risque d&#8217;être taxé de &laquo;&nbsp;récupération&nbsp;&raquo; mais n&#8217;est-on pas toujours taxé de quelque chose et récupéré par autre chose ? Je dirais que, contre la désespérance distillée comme une liqueur de mort au travers de mots et d&#8217;images complètement inutiles socialement et si dangereuses pour les liens sociaux, il faut renouer avec la vie collective, avec le sentiment de l’œuvre collective. Vous avez mille fois raison, vous tous, nous sommes sans arrêt acculés à la performance individuelle, à la démonstration individuelle même, il faut briller comme l&#8217;or et l&#8217;argent. Il faut redonner un sens à la performance collective non marchande qui est faite de toutes petites performances individuelles qui ne prennent leur sens pleinement que dans le collectif. Coller des affiches comme je vais le faire ce soir avec mes copains du FdG (c&#8217;est là qu&#8217;il y a une récupération éhontée !) est une performance individuelle dans le sens où, après 20:30 il me faut ressortir de mon canapé et fausser compagnie à ma petite famille pour faire un travail manuel pour lequel d&#8217;autres sont rémunérés : coller des affiches. Cette petite performance prend son sens collectif pour moi, toute sa valeur au sens noble du terme, quand je regarde un meeting aussi fantastique que celui de Lille hier soir avec un Mélenchon très en forme. Là oui, je sais pourquoi je fais cet effort surhumain : je me sens porté par quelque chose de plus grand que mon petit moi si faible, un grand projet de vie qui redonnera à chacun une place et une vraie valeur humaine !</p>
<p>Je n&#8217;aurais pas besoin de tuer, ni de me tuer pour exister, d&#8217;ailleurs j&#8217;ai donné la vie, c&#8217;est déjà énorme mais j&#8217;ai reconnu ce fantasme dans ma vie psychique : tuer et se tuer. Pendant 30 ans j&#8217;ai espéré après ce qui se passe aujourd&#8217;hui et que les média de masse effacent de façon honteuse de la vie de millions de français et de françaises encore agrippés à leur téton cathodique ou plat. Le peuple, les gens &laquo;&nbsp;comme nous&nbsp;&raquo;, retrouve son honneur, sa dignité et le sens de ses minuscules actes quotidiens. Il faut accueillir ce magnifique mouvement de vie par un grand OUI, pour nous et pour nos enfants.</p>
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		<title>La radicalité concrète</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 21:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mélenchon]]></category>
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		<description><![CDATA[Alors voilà, parce qu&#8217;il arrive toujours un moment où il faut se décider, choisir son camp et mouiller la chemise, je me suis mis à militer avec le Front de Gauche et je me suis décidé à prendre ma carte &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=973">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Alors voilà, parce qu&#8217;il arrive toujours un moment où il faut se décider, choisir son camp et mouiller la chemise, je me suis mis à militer avec le Front de Gauche et je me suis décidé à prendre ma carte à la CGT.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Et puis, parce que je ne suis pas un mouton qui exécute bêtement des consignes venues d&#8217;en haut, j&#8217;ai capté dans les messages de notre candidat aux élections présidentielles, l&#8217;apparition récurrente de l&#8217;expression : « radicalité concrète ». Cela semble capital pour Jean Luc Mélenchon que ce concept de « radicalité concrète » et comme j&#8217;ai un faible pour les concepts et l&#8217;activité intellectuelle, je m&#8217;y suis un peu intéressé.<span id="more-973"></span></span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est donc que la « radicalité concrète » ? Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un exposé, une thèse ou un je ne sais quel discours normatif et normalisant autour de ce concept. Je vais simplement vous dire où et à quoi il fait écho chez moi et ce que j&#8217;ai pu trouver en quelques minutes sur internet à ce sujet.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">D&#8217;abord il y a le mot de « radicalité ». </span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Dans le Wiktionnaire j&#8217;ai trouvé cette définition un rien difficile :</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;"><strong>radicalité</strong> critique et analyse de la situation concrète, sans idéaliser la puissance d&#8217;une contreviolence révolutionnaire qui peut se révéler contreproductive, sans se faire non plus des illusions sur la bonne volonté des castes dirigeantes.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Elle vient d&#8217;un article paru dans l&#8217;Humanité. Sans doute un lecteur qui l&#8217;a mise dans l&#8217;article du Wiktionnaire. </span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">J&#8217;en retiens pour ma part cette idée que l&#8217;on ne néglige absolument pas, dans cette radicalité de nature politique, que les « castes dirigeantes », le pouvoir, ne va pas se laisser faire et que ça va chauffer. La radicalité est donc ici une position prise, un parti pris de la réalité économique, sociale et politique qui est fondée sur une observation objective de la réalité concrète, une observation du terrain et une analyse de la situation concrète.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">La lecture de l&#8217;article du CNRTL (Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales) nous indique que la notion de radicalité implique que l&#8217;on tirera, sans concession ni exception, tous les enseignements de l&#8217;expérience. Autrement dit que, repoussant les illusions, les faux semblants et les apriori sur une question, la radicalité identifie les causes profondes (la racine) des phénomènes et en tire jusqu&#8217;au bout les conséquences qui en découlent en terme non seulement de raisonnement mais aussi d&#8217;action sur la réalité observée.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">En tant que soignant et que formateur en soins infirmiers je connais donc déjà une radicalité concrète, c&#8217;est celle dont fait en principe preuve une équipe de soin devant une personne présentant des problèmes de santé. Le raisonnement clinique est une radicalité concrète. Mais bon, ne brûlons pas tout nos vaisseaux trop vite.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Ici, cette radicalité est en plus gratifiée d&#8217;un qualificatif. Elle est <em>concrète</em>. Qu&#8217;est-ce à dire ?</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Sur un plan politique la radicalité c&#8217;est ne céder sur rien. C&#8217;est un slogan du Front de Gauche : « Ne cédez pas ! » lance et répète JLM lors des meetings. Ne pas céder cela signifie pour moi qu&#8217;il ne peut pas y avoir de concessions face à la réalité à laquelle sont confronté les gens et notamment les travailleurs dans les entreprises. Le front de la radicalité concrète se trouve dans les entreprises, sur les lieux même de l&#8217;exploitation capitaliste du travail humain. La réalité ne peut pas être atténuée ni arrangée : elle est ! L&#8217;analyse radicale de la réalité sur le terrain condamne la gestion capitaliste et financière actuelle dans son entièreté. La conséquence incontournable et qui ne supporte pas d&#8217;être négociée se décline en actions concrètes que l&#8217;on va regrouper sous le nom de Révolution citoyenne.</span></span></h5>
<h5><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Dans les meetings encore, dans la presse et partout où cela est possible, le Front de Gauche appelle à la lutte syndicale. Il se prononce radicalement pour un engagement militant de chaque homme et de chaque femme. Autrement dit, être dans la </span></span><strong><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">radicalité concrète</span></span></strong><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">, « c’est dire avec précision, techniquement et clairement comment on peut passer du stade des grandes idées et des grandes déclarations abstraites aux décisions de détails qui les rendent concrètes pour être à même de défendre de façon plus efficace les intérêts collectifs et individuels … et être en mesure de le faire dans la réalité du quotidien !</span></span></h5>
<h5 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">C’est être immédiatement disponible pour l’action et non essayer en permanence de s’en défausser sur d’autres. C’est une (r)évolution des mentalités contre l’</span></span><strong><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">apathie</span></span></strong><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">. C’est l’affaire de chacun et cela ne souffre aucun délai »<a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a>.</span></span></h5>
<h5 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">« On ne lutte pas contre le monde de la finance avec un pistolet à bouchon » déclare JLM au meeting de Besançon, appelant François Hollande à décliner précisément, en terme d&#8217;actions concrètes et immédiates, sa déclaration d&#8217;intention lors de son meeting d&#8217;entrée en campagne. Déclarer le monde de la finance comme l&#8217;adversaire, c&#8217;est bien, mais il ne faut pas en rester au stade des belles intentions et énoncer des mesures concrètes immédiates pour dégommer l&#8217;adversaire.</span></span></h5>
<h5 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Enfin, la radicalité concrète, c&#8217;est démontrer par l&#8217;analyse radicale de la situation et par les faits réels la capacité de l&#8217;organisation politique et citoyenne à gouverner le pays. C&#8217;est, contre la rationalité mortifère du capitalisme érigée en dogme néolibéral et en pensée unique, mettre en œuvre dans la lutte quotidienne une rationalité basée sur un autre engagement, un autre contrat social (JLM aime bien Rousseau!), celui de l&#8217;Humain d&#8217; abord. C&#8217;est démontrer, arguments concrets à l&#8217;appui, que les thèses et les propositions ne sont pas des délires d&#8217;extrémistes farfelus mais un dispositif réfléchi et calculé comme l&#8217;est la planification écologique par exemple, qui est déclinée dans des propositions générales certes mais qui doit être déclinée aussi localement.</span></span></h5>
<h5 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">C&#8217;est aussi montrer et mettre en évidence la réalité concrète de la révolution citoyenne qui sera une lutte difficile contre l&#8217;oppression, le pouvoir de la finance et les grands capitalistes qui ne se laisseront pas prendre sans combattre ce qu&#8217;ils ont amassé de richesses indues. C&#8217;est le volet de l&#8217;action, potentiellement dure, qui appelle à la mobilisation générale des citoyens comme en temps de guerre. C&#8217;est, il me semble, la raison de l&#8217;accent « martial » de JLM lors des meetings qui n&#8217;aura pas échappé aux endormis de la pensée molle auxquels cela fait peur. Il n&#8217;invite pas les français à une garden partie mais à prendre le pouvoir partout où ils sont. On revient ici à la radicalité politique qui est de ne rien céder. Le Front de Gauche appelle chacun à faire la révolution dans sa tête et dans son cœur, à redresser son échine courbée. Il donne les moyens à chacun de prendre conscience que c&#8217;est possible, réaliste et urgent.</span></span></h5>
<h5 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Bitstream Charter,serif;"><span style="font-size: small;">Voilà donc comment j&#8217;explique ce concept mélenchonnien de radicalité concrète. Il fait écho chez moi avec le concept de raisonnement clinique que nous utilisons en soins infirmiers pour décliner les problèmes de santé d&#8217;une personne et en faire l&#8217;analyse à partir de ce que nous appelons les <em>indices</em> et qui sont les manifestations concrètes de phénomènes physiologiques ou psychologiques qui se déroulent du côté de la personne soignée. Bien entendu, c&#8217;est de la finesse clinique de l&#8217;analyse de l&#8217;ensemble des données et de la pertinence du recueil de données que vont découler une série d&#8217;actions adaptées à la situation. Sur le plan politique c&#8217;est donc aux citoyens et à leurs organisations politiques et syndicales qu&#8217;il est fait appel pour procéder de façon continue à ce recueil de données objectives. Cela relègue à une position au moins subalterne la fonction si valorisée aujourd&#8217;hui, des experts (vous savez, ceux qui se trompent tout le temps). Les véritables experts sont ceux qui se coltinent avec la réalité concrète au quotidien, comme les soignants dans un service de chirurgie.</span></span></h5>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a>http://lapeldelafournaise.centerblog.net/3-de-la-radicalite-concrete-et-de-la-citoyennete-syndicale</p>
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		<title>Faire village</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 07:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Front de Gauche]]></category>
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		<description><![CDATA[Modifier le mode de production de la subjectivité humaine. Tel est il me semble l&#8217;enjeu central qui pose d&#8217;innombrables questions et problèmes de tous ordres depuis fort longtemps. Les idéologues de la fin de l&#8217;histoire on tout fait pour le &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=969">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Modifier le mode de production de la subjectivité humaine</span></strong>. Tel est il me semble l&#8217;enjeu central qui pose d&#8217;innombrables questions et problèmes de tous ordres depuis fort longtemps. Les idéologues de la fin de l&#8217;histoire on tout fait pour le mettre en bocal afin de le ranger sur une étagère et qu&#8217;on en parle plus. Selon eux, il était temps de passer à des choses sérieuses : produire et gagner du pognon en rationalisant au maximum les rapports de production. Mais voilà, ça ne se laisse pas enfermer si facilement le désir de vivre et c&#8217;est tant mieux, ça faisait un bail qu&#8217;on avait pas eu des problèmes intéressants à se mettre sous la dent. <span id="more-969"></span>Je me place avec cet énoncé au point d&#8217;arrivée d&#8217;une pensée collective selon laquelle le sujet humain n&#8217;est pas tant que ça une subjectivité contenue dans un individu mais plutôt un construit fait des briques et des brocs du monde complexe dans lequel il naît et grandit. Que le sujet humain soit produit par un mode de production sous entend un rapport à l&#8217;industrie, à la manufacture.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&#8217;est au moment où tout espoir semblait perdu de changer quelque chose aux relations humaines que la réalité, poussant son joug cruel dans nos flans, nous a réveillé : « Remettez-vous au boulot, les gens, sinon c&#8217;est la fin du monde pour de vrai ! »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Alors je me suis remis à espérer, je me suis remis en chantier. Sauver le monde, voilà un challenge passionnant. Heureusement je n&#8217;étais pas seul, je n&#8217;étais plus seul, d&#8217;autres hommes et femmes de ce pays et du monde entier ont relevé la tête et conçu qu&#8217;il pouvait y avoir un autre horizon que la triste fin de l&#8217;histoire. D&#8217;autres possibles, d&#8217;autres complexité, un avenir de l&#8217;homme, alors nous nous sommes indignés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Notre pays est devant un seuil, un tournant décisif. Cela a été dit et continue à être dit dans cette campagne électorale qui commence, encore une. Comme je voudrais qu&#8217;elle ne soit pas comme les précédentes, comme je voudrais qu&#8217;on attende pas son issue pour changer le monde, comme je voudrais qu&#8217;enfin nous prenions le pouvoir, nous, le peuple. Mais est-ce le pouvoir qu&#8217;il faut prendre ? Et pour faire quoi ? On sent bien qu&#8217;il est là le problème !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce long billet un peu foutraque a vu le jour sous l&#8217;impulsion d&#8217;une lecture à laquelle il est redevable : <a href="http://www.lavolte.net/livres/zone.php">La Zone du Dehors</a> d&#8217;Alain Damasio paru aux Éditions La Volte<span style="color: #800000;">. </span>Un lourd bouquin de Science Fiction dans lequel notre monde actuel est décrit avec une acuité féroce et ou les problèmes que j&#8217;essaie de développer sont illustrés et accompagnés d&#8217;une proposition de résolution. Gagnerait en concision parfois, mais bon, un livre qui deviendra Culte s&#8217;il ne l&#8217;ait déjà !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le seul truc qui m&#8217;ait un peu agacé c&#8217;est le sort injuste que l&#8217;auteur réserve à la psychanalyse. Alors je lui fais la part belle.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">La déconfiture du père empêche-t-elle celle de la mère ?</span></strong> Déclin de l&#8217;autorité, démission parentale, perte des re-pères et des valeurs, etc&#8230; On serait tenté, dans une perspective freudienne, à considérer cet énoncé du point de vue de l’Œdipe, de penser que, puisqu&#8217;il y a déconfiture du père c&#8217;est au profit de la mère et de regarder tous les enfants, qu&#8217;ils aient 40 ans ou moins, comme atteint de psychose fusionnelle. C&#8217;est que si l&#8217;on se déplace le long de deux chaînes signifiantes entrelacées, voire même trois, car nous n&#8217;avons jamais de deux dans ces histoires là, mais toujours du trois, nous allons peut-être progresser dans notre compréhension de notre énoncé initial et que peut-être on parle un langage qui n&#8217;a plus cours. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le père, cela renvoie, dans le discours freudien, au Surmoi, instance psychique dont les psychanalystes orthodoxes nous expliquent à longueur de pages qu&#8217;elle supporte le discours normatif, autrement dit la loi, l&#8217;ordre social. Le père est l&#8217;Ambassadeur de la réalité&#8230; sociale. Il est celui qui vient du dehors pour signifier que ce dehors est le destin de l&#8217;enfant et qu&#8217;il va bien falloir qu&#8217;il s&#8217;y adapte. La mère, cela renvoi au Moi en ce sens que le Moi, c&#8217;est ce qui est bon à l&#8217;intérieur de moi, ce que j&#8217;aime et qui me fait du bien. Ce qui ne veut pas dire que le Père soit mauvais. Le Ça, il rentre en résonance avec quoi ? Avec le troisième du triptyque, l&#8217;Enfant. L&#8217;Enfant, c&#8217;est ce qui veut, ce qui ne supporte pas la raison sociale que le Père porte comme un habit et pour laquelle il peut aller jusqu&#8217;à s&#8217;armer. Si l&#8217;on en reste là on peut dire que s&#8217;il y a déconfiture du Père c&#8217;est que l&#8217;Enfant a pris le pouvoir, ce qui est une version séduisante qui rencontre de l&#8217;écho. La Mère est toujours l&#8217;alliée de l&#8217;Enfant mais où donc faut-il l&#8217;attendre ? Quelle mère ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Puis vinrent 68 et Jacques Lacan</span></strong> a partir desquels nous allons continuer de tresser notre discours. Au Surmoi vient alors se substituer, mais sans se superposer forcément, le Symbolique. Moi, ça me va bien cette idée-là parce que je trouve depuis longtemps un peu étroite cette idée de Père par rapport au Surmoi. Car enfin, nous savons bien que le père, qu&#8217;il soit géniteur ou non d&#8217;ailleurs, le père de famille, n&#8217;est qu&#8217;un vague représentant de quelque chose de bien plus large : la société avec ses lois, son système d&#8217;organisation, les obligations et les comportements qu&#8217;elle attend du petit de l&#8217;homme. Je dis à mes étudiants, c&#8217;est une fonction, la fonction du père. Mais il faut aller au-delà. Une fonction, ça ne vaut rien, qu&#8217;est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Mais une dimension Symbolique ça oui, ça veut tout de suite dire quelque chose. Un code. Le code de la route est une émanation directe de ce Père/Surmoi et pourtant ce n&#8217;est pas une personne. Nous nous écartons de la personnalisation des instances psychiques avec Lacan, nous passons au langage et à la structure langagière de l&#8217;inconscient. Le langage n&#8217;est pas un produit familial, enfin, pas uniquement, pour être juste. Un langage est une production collective. Si l&#8217;inconscient est structuré comme un langage cela pourrait donc signifier que l&#8217;inconscient est un produit collectif. Ça prend tournure cette affaire !</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Le Réel est ce qui a imposé à l&#8217;homme de devenir un être de langage</span></strong>. Le Réel est ce qui vient en place du Ça mais sans le remplacer cependant, il faut le préciser, nous ne sommes plus dans la pensée freudienne du monde. Nous sommes autour de 68, dans une période d’ébullition sociale intense durant laquelle des mutations de langage s&#8217;opèrent qui signent déjà une certaine déconfiture du père. Mais de quel père parlons-nous ? Celui de la triangulation œdipienne, celui du schéma familial classique bourgeois du XIXème siècle et du début du XXème : Papa-Maman et Moi. Ce schéma surcharge le père d&#8217;une fonction impossible et si douloureuse pour lui qu&#8217;il n&#8217;a qu&#8217;une voie pour l&#8217;assumer, une voie sado-masochiste : la voie de l&#8217;oppression. Le pouvoir sous toutes ses formes en est l&#8217;expression directe. Le père de famille se décharge progressivement de ce poids impossible à porter plus longtemps. La fonction symbolique du père se <em>décolle </em>du père et … ère. Dès lors le pouvoir s&#8217;attribue cette fonction de façon assez radicale. Cela existait avant déjà, ne parlait-on pas de <em>paternalisme</em> par exemple, dans les entreprises. Le patron avait déjà tiré à lui cette fonction paternelle dont les pères de famille se délestaient volontiers, trop embarrassés. Le Réel est le monde en ce qu&#8217;il existe en terme de souffrance, d&#8217;intensité, de douleur, de tension, d&#8217;agencements bio-moléculaires. Le Réel est l&#8217;inconscient machinique auquel le langage donne un sens possible pour l&#8217;humain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Quand l&#8217;Imaginaire tombe en panne le sujet cherche un psychanalyste</span></strong>. C&#8217;est ce que j&#8217;ai fait il y a maintenant assez longtemps et j&#8217;ai reconquis mon Imaginaire. A noter que ce que l&#8217;on appelle le Moi est cette idée de soi qui est fort mal en point lorsque l&#8217;imaginaire tombe en capilotade. La stérilité psychique laisse la place toute entière au Symbolique et au Réel et c&#8217;est à ce moment-là que notre question initiale devient intéressante car la part Imaginaire sera construite et investie en fonction des deux autres ordres. Nous voyons bien aujourd&#8217;hui, parce qu&#8217;il y a guerre sur ce terrain, comment le Symbolique, par le truchement du langage sous toutes ses formes, attention à ne pas limiter le langage au verbal même si le verbal occupe une place importante (les images sont aussi omniprésentes) façonne l&#8217;Imaginaire d&#8217;une manière radicale. La novlangue technocratique agit directement sur les organisations de travail, la télévision agit directement sur l&#8217;organisation familiale et sociale. Le plus simple pour le pouvoir est que chaque sujet vive un Imaginaire dès plus intense et que cet Imaginaire soit un produit du pouvoir auquel il est asservi. Donc, pour éviter le recours au psychanalyste, en tant qu&#8217;il est considéré comme un concurrent par le pouvoir ce qui n&#8217;est pas toujours le cas hélas, il faut nourrir l&#8217;imaginaire des individus comme on nourrit une belle plante avec des engrais labellisés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Le mode de production capitaliste ne façonne pas que des produits pour la consommation des ménages</span></strong>, il façonne aussi les ménages afin qu&#8217;ils consomment les produits qui sont mis sur le marché. Il façonne les sujets pour qu&#8217;ils deviennent de bons petits sujets du capitalisme. Comment modifier ce rapport de production ? Voilà que je reviens enfin au problème de départ. Elle n&#8217;est pas nouvelle, on se la pose depuis Marx au moins. Faut-il d&#8217;abord faire la révolution pour changer le mode de production des objets de consommation en le nationalisant en supposant que la conséquence sera une mutation de l&#8217;imaginaire des peuples ? Faut-il d&#8217;abord <em>changer les mentalités</em> ce qui correspond en gros au mode d&#8217;approche social-démocratique dont on voit assez clairement qu&#8217;il ne permet pas de décoller du mode de production capitaliste, voire même qu&#8217;il l&#8217;entretien et peut en aggraver les effets nocifs ? Y a-t-il une voie médiane qui passe entre les deux ou entrelace les deux ? Rien de tout cela ne me paraît pouvoir mener à une issue possible, simplement parce que ces deux approches supposent un centre décisionnaire, une politique d&#8217;en haut, autrement dit suppose de penser le changement dans le langage du capitalisme, ce qui pose un problème majeur.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">La réflexion autour des problèmes de pouvoir</span></strong> recèle sans doute une partie des réponses aux questions qui se posent. Le Front de Gauche propose un Imaginaire intéressant, nouveau, porteur d&#8217;espoir, mais qui n&#8217;est pas sans contradictions internes. Le Symbolique y est complexe et mal défini si je puis me permettre. Je veux dire, pardon mais là je rentre dans l&#8217;inconnu, que ce qui est proposé par le Front de Gauche et que se traduit par des slogans aussi précis que ceux-ci : « La consigne c&#8217;est de ne pas attendre les consignes ! », « Place au Peuple ! », « Présidons ! » et j&#8217;en passe, rentre en contradiction avec ce qu&#8217;il est. Est-il possible de changer de système en utilisant les catégories du système que l&#8217;on veut dépasser ? Les organisations politiques phares qui constituent le FdG sont des productions collectives structurées par et dans le langage du capitalisme. Ils en sont une émanation directe quoi qu&#8217;on en dise parce qu&#8217;en agissant <em>contre lui </em>ils n&#8217;en sont pas la négation, bien au contraire. La fonction du Père y est assumée par des chefs et les partis sont gérés comme des entreprises privées avec un conseil d&#8217;administration et, malgré tout les efforts faits dans ce domaine, une hiérarchie verticale centralisée qui concentre les canaux du pouvoir entre un nombre de mains réduit qui correspond aux voix qui l&#8217;expriment et le représentent en même temps. Cette logique propre au système de production capitaliste se retrouve au niveau des élections. Ceux qui ont le pouvoir créent eux-mêmes les lois et les organisations qui leur permettent de le garder indéfiniment. Le Front de Gauche ne semble pas échapper encore à cette logique qu&#8217;il dénonce. D&#8217;ailleurs, s&#8217;il y échappait vraiment, aurait-il un candidat à ces élections ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">Le mouvement des Indignés</span></strong> s&#8217;oppose à cet imaginaire bourgeois et rassemble des insurgés qui manifestent contre l&#8217;accroissement insensé des injustices sociales et économiques. Dès lors que l&#8217;ordre Symbolique ne surcode plus le Réel efficacement il tend à être remplacé par un autre. Les mensonges, les arnaques d&#8217;état, les grandes tromperies économiques à quoi nous assistons et que nous subissons effondrent le Symbolique construit sur la base des Trente Glorieuses. Une métamorphose du Symbolique est donc en cours. Je crois qu&#8217;il nous faut aborder ces phénomènes en termes dynamiques. Métamorphoses, processus, effondrement, liquéfaction, voilà des mots, parmi d&#8217;autres, qui peuvent nous aider à comprendre et à accompagner les mouvements sociaux qui sont en train, ou sur le point, de se produire. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce qui me frappe dans le mouvement des Indignés, c&#8217;est la tendance très fort à <em>faire village</em>, j&#8217;aime cette formule, autrement dit qu&#8217;il recréent une forme de lien social qui est entrée en obsolescence sous la pression économique centralisatrice du capitalisme : le lien de proximité, de convivialité et de solidarité du village. A la Défense, lieu hautement représentatif d&#8217;un ordre symbolique devenu impossible à supporter et à vivre, les indignés français ont tenté de <em>faire village</em>. Faire village est un signe fort car le village est une structure évolutive marquée par une grande durée, une grande résistance à l&#8217;usure du temps, une économie propre qui sert tout le village et non les intérêts de quelques uns. Le Front de Gauche propose des villages lui aussi par le biais des Assemblées Citoyennes et de différentes formes locales de rassemblement populaire mais je pense qu&#8217;il ne deviendra crédible qu&#8217;à partir du moment ou les structures de pouvoir des partis accepteront de s&#8217;effacer devant la volonté des villages ainsi suscités.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #800000;">La démocratie réelle comme aventure humaine </span></strong>de refondation d&#8217;une subjectivité qui passerait ainsi par cette notion de village, de tribu, de groupe qui est mise en action en divers lieux de cette production particulière. Aux Assemblées Citoyennes du FDG et aux Occupations de places des indignés peut-on ajouter les innombrables activités des internautes associés en groupes de discussions, en forums et autres agrégats sociaux autour de divers projets, comme les logiciels libres par exemple ? Certainement. Peut-on y ajouter les expériences marginales de communautés diverses post-soixante-huitardes, des retourneux comme on les appelait jadis, les nouveautés genre <em>Transition </em>qui nous vient de Grande-Bretagne, pourquoi pas ? Ces formations plus ou moins spontanées, plus ou moins politisées et plus ou moins organisées posent à leur manière le problème du pouvoir et de la symbolique du pouvoir. Les aspects les plus subtils de la fondation d&#8217;un régime réellement démocratique y sont débattus sans cesse : le peuple, les gens, nous cherchons à construire de nouvelles relations sociales construites dans un nouveau vivre ensemble, nous sommes sur le point de trouver !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une certaine orientation pédagogique part du principe qu&#8217;un élève ne peut pas apprendre quelque chose qu&#8217;il ne connaît pas déjà. Je crois que dans le domaine qui nous occupe c&#8217;est pareil : nous savons !</span></p>
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		<title>Vive la dépression !</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 09:08:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le régime des petites cases]]></category>
		<category><![CDATA[DSM]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Psychiatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Science Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Trouvée en flânant sur le web. Je cherchais une vidéo à regarder/écouter en faisant mon repassage et je suis tombé sur la vidéo d&#8217;une intervention de Roland Gori lors d&#8217;une session de Rencontres et Débats du 2ème Arrondissement de Paris. &#8230; <a href="http://lavachemulticolore.jargenty.fr/?p=961">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: red;">Trouvée en flânant sur le web</span>. Je cherchais une vidéo à regarder/écouter en faisant mon repassage et je suis tombé sur la vidéo d&#8217;une intervention de Roland Gori lors d&#8217;une session de Rencontres et Débats du 2ème Arrondissement de Paris. Le sujet en était : &laquo;&nbsp;Pourquoi la haine de la psychanalyse ?&nbsp;&raquo;. Cette vidéo est l&#8217;un des prétextes de ce billet.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x8m30f" frameborder="0" width="480" height="276"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/x8m30f_roland-gori-aux-rencontres-et-debat_news" target="_blank">Roland Gori aux Rencontres et Débats Autrement</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/SmallbrothersOrg" target="_blank">SmallbrothersOrg<span id="more-961"></span></a></em></p>
<p>Passionnante à plus d&#8217;un titre cette prise de parole d&#8217;une trentaine de minutes. D&#8217;abord elle est très actuelle, 2009 ça n&#8217;est pas si loin tout de même, c&#8217;est après 2008 et elle apporte cette dimension psy qui manque parfois cruellement dans les débats de plus en plus exclusivement politique que suscite l&#8217;approche des élections. Ensuite, je suis très intéressé par l&#8217;apport de Gori sur la psychiatrie, dont il nous montre à quel point elle est moribonde.<br />
Curieusement, son analyse fait écho au second prétexte de ce billet : une lecture que je fais actuellement d&#8217;un bouquin de science fiction qui s&#8217;appelle<a title="La Volte - La Zone du Dehors" href="http://www.lavolte.net/livres/zone.php" target="_blank"> La Zone du Dehors</a> de Alain Damasio (à ne pas confondre avec l&#8217;autre Damasio, Antonio, celui des émotions). Je vais commencer par là.</p>
<p><span style="color: red;">J&#8217;avais besoin de lire autre chose que des bouquins &laquo;&nbsp;intelligents&nbsp;&raquo;</span> , j&#8217;avais besoin de me distraire la tête, alors j&#8217;ai choisi ce bouquin à moitié au hasard à la bibliothèque municipale de mon patelin. La société démocratique qui y est dépeinte est incroyablement celle dans laquelle nous sommes entré de plein pied et c&#8217;est tellement effrayant et tellement vrai que je suis curieux de savoir comment les héros de l&#8217;histoire y deviennent quelque chose de valable. Ça peut donner des idées.</p>
<p>Le hasard a bon dos. J&#8217;ai tout de même lu le 4ème de couverture avant de choisir ce lourd bouquin dans les couleurs duquel dominent le rouge et le noir. Cependant je vérifie assez souvent ce que Carl Gustav Jung a repéré comme un phénomène psychique de <a title="Wikipedia - Synchronicité" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicit%C3%A9" target="_blank"><em>synchronicité</em></a> dans le fait que mes lectures et mes choix de film, de vidéo et autres, correspondent assez souvent à un besoin personnel, ne se trouvent pas ici par hasard en fait. Je n&#8217;ai pas lu tout le bouquin, loin de là, mais déjà je suis très troublé par certaines correspondances.</p>
<p><span style="color: red;">Le règne de l&#8217;insignifiance</span> y est décrit comme l&#8217;effacement des singularités non pas par la violence, l&#8217;éradication, la suppression brutale, mais par la néantisation. Ce qui est décrit n&#8217;est pas un fascisme ordinaire avec ces milices de la mort, ces prisons où l&#8217;on torture. La ville (ici il s&#8217;agit d&#8217;une gigantesque et unique métropole bâtie sur un astéroïde, c&#8217;est vraiment de la SF) y est en fait décrite comme une gigantesque prison. Sa forme, est-ce volontaire, m&#8217;a fait penser à la structure de l&#8217;Enfer de Dante. Structure en cercles concentriques avec des niveaux progressifs, non pas de répression policière, mais de répression de la vie tout simplement, plus on va vers le centre (le Cube dans le livre, mais je ne suis pas sûr d&#8217;avoir bien mentalisé la topologie de l&#8217;endroit) et moins la vie est possible du fait des radiations qui émanent du Cube qui est une titanesque poubelle. Des tours dites panoptiques permettent à tout un chacun de passer du temps à épier tout un chacun à n&#8217;importe quel point de la ville. Chacun surveille chacun et peut dénoncer chacun, ce qui semble assez jouissif. Le fait d&#8217;être dénoncé n&#8217;enclenche pas une répression féroce mais une régression des possibilités de circulation dans la ville et finalement une réduction des possibilités de vie, c&#8217;est la durée de vie qui est abrégée.</p>
<p><span style="color: red;">La sortie des <a title="Télérama - Les nouveaux chiens de garde" href="http://www.telerama.fr/medias/six-extraits-commentes-des-nouveaux-chiens-de-garde,76705.php" target="_blank">Nouveaux chiens de garde</a></span> coïncide avec cette lecture dans laquelle on voit aussi comment le système social-démocratique gère l&#8217;information de manière à reprendre la parole systématiquement. Seule la violence semble possible aux révoltés. La parole n&#8217;a pas de poids, les manifestations pacifiques non plus, les voix réellement démocratiques n&#8217;y ont plus aucun effet, seules les voies brutales semblent y demeurer une solution. Au moins pour se sentir vivant, au moins pour fraterniser avec des camarades de combat. C&#8217;est à une guerre muette et molle contre la vie que l&#8217;on assiste de la part d&#8217;une forme de pouvoir qui ressemble beaucoup plus au totalitarisme qu&#8217;au fascisme. Même s&#8217;il y a un Président il ressort beaucoup moins d&#8217;un rôle de pouvoir suprême que d&#8217;un rôle d&#8217;amuseur public (suivez mon regard !).</p>
<p><span style="color: red;">Gloire à Étienne de la Boétie</span> qui, tout juste adolescent, décrit ce qu&#8217;il appelle <a title="Le discours sur la servitude volontaire en pdf" href="http://classiques.uqac.ca/classiques/la_boetie_etienne_de/discours_de_la_servitude/discours_servitude.html" target="_blank">&laquo;&nbsp;la servitude volontaire&nbsp;&raquo;</a>. Ce pouvoir se construit sur la base de l&#8217;acceptation tacite d&#8217;un régime social, économique et politique qui déleste chacun de la responsabilité de ses actes (voir mon billet précédent : &laquo;&nbsp;Allons z&#8217;enfants !&nbsp;&raquo;. Les experts sont les maîtres de ce monde terrifiant et agissent dans l&#8217;intérêt consenti de la sécurité du plus grand nombre. La sécurité c&#8217;est ne plus avoir faim jamais, ne plus avoir mal jamais, ne plus avoir peur jamais, ne plus éprouver jamais d&#8217;émotions violentes, ne plus être confronté à la misère, à la pauvreté jamais et surtout ne plus la rencontrer, ne plus la voir jamais, ne plus avoir à penser, à réfléchir, à prendre de décision, plus jamais se prendre la tête, plus jamais déprimer et pleurer. Voilà ce qu&#8217;est la sécurité dans ce monde-là, le monde tragi-comique des bizounours sauce TF1 ! Au final, et j&#8217;en suis là du livre, la gestion de l&#8217;homme est bientôt assurée par l&#8217;Autre dans sa totalité et l&#8217;étape suivante est l&#8217;homme machine, l&#8217;homme contrôlé de l&#8217;intérieur par des relais numériques implantés directement dans sa carcasse. Voir l&#8217;excellent documentaire sur Médiapart : &laquo;&nbsp;<a title="Un monde sans fous" href="http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-derives-de-la-psychiatrie" target="_blank">Un monde sans fous</a> !&nbsp;&raquo;, la correspondance y est directe.</p>
<p><span style="color: red;">La psychanalyse doit-elle sortir de ses gonds ?</span> Je ne sais pas si c&#8217;est ce qu&#8217;il veut dire, Roland Gori, mais il y a un écho en moi. La psychanalyse, dans ses modes d&#8217;être actuels peut aussi bien être un auxiliaire précieux du type de pouvoir dont il est question au-dessus. Finalement, telle qu&#8217;elle semble utilisée aux USA et ailleurs, elle peut être déviée vers un utilitarisme social des plus mortifères. Je dis bien déviée car telle n&#8217;est sans doute pas, chez Freud et chez Lacan, entre autres, ce que l&#8217;on trouve. La psychanalyse est fondamentalement une théorie et un processus de soins subversifs dans le sens ou, d&#8217;une part, elle tend à replacer les différents types de discours à leur place : discours du Maître, de l&#8217;Universitaire, du Psychanalyste et de l&#8217;Hystérique, ce qui pourrait avoir pour résultat de donner un certain sens au réel et d&#8217;autre part parce qu&#8217;elle restitue au sujet la responsabilité de sa parole, partant aussi de ses choix et de ses engagements. A condition que&#8230;</p>
<p><span style="color: red;">S&#8217;engager dans la lutte contre</span> l&#8217;avènement progressif du totalitarisme social-démocrate (rappelons nous que le parti nazie était aussi un parti socialiste !). Le rapport de la psychanalyse avec l&#8217;argent me trouble. Gori ne parle absolument pas de cela, c&#8217;est une petite digression que je fais et que je vous propose. Je rêve d&#8217;un exercice militant et bénévole de la psychanalyse qui serait justement débarrassé du lien, aujourd&#8217;hui toxique, avec l&#8217;argent (vous le répétez pas, hein !). Si je me rêve moi-même comme psychanalyste, je m&#8217;y rêve dans des exercices complètement hétérodoxes avec ce qui semble autorisé par l&#8217;Académie des beaux arts psychanalytiques. Je m&#8217;étendrais là-dessus, à défaut de divan, une prochaine fois. Gori ne donne pas vraiment, il faudrait que j&#8217;y retourne voir, de traits décisifs dans ce domaine. Les psychanalystes doivent s&#8217;engager contre ce qui est en train de nous advenir. Ils possèdent des moyens redoutables pour le pouvoir à condition de régler le problème de leur propre pouvoir.</p>
<p><span style="color: red;">Le droit à la dépression</span> comme le droit de se manifester par des symptômes semble aujourd&#8217;hui dans la ligne de mire des armes du néolibéralisme. Roland Gori excelle à parler de la dépression comme le terrain où l&#8217;être se rencontre dans son plus vrai, dans son authenticité, il touche son fond dans ce fond qui le révèle à lui-même dans toute sa nudité, toute sa petitesse.</p>
<p>Je lisais hier soir à ma fille un des premiers chapitres d&#8217;Alice aux pays des merveilles. Encore cette synchronicité jungienne. C&#8217;est au début, quand elle est dans la salle ronde et qu&#8217;elle grandit et rétrécit dans son rapport avec la clé, la porte, la table. Tout ça est toujours trop petit ou trop grand ! Ça ne va jamais. Au bout d&#8217;un moment de ce petit jeu là, en proie au doute, elle se met à pleurer, alors qu&#8217;elle est si grande qu&#8217;elle rentre difficilement dans la salle. Elle se met à pleurer au point que, littéralement elle fond et se retrouve minuscule à baigner dans une flaque de ses larmes. Ce sont ses larmes, sa dépression, qui lui permet de rencontrer des petits animaux avec lesquels elle va s&#8217;entendre et ce sont ses larmes qui lui servent de véhicule pour quitter la salle qui la retient prisonnière. Elle ne s&#8217;en rend pas compte, cela se fait, un point c&#8217;est tout. C&#8217;est drôle ! Je ne suis pas sûr que ma fille ait compris cela mais bon, ça, c&#8217;est pas grave !</p>
<p><span style="color: #ff0000;">Gori braque son projecteur sur le DSM</span> (manuel diagnostic anglo-saxon à l&#8217;usage des psychiatres). C&#8217;est le produit savant (à défaut d&#8217;être scientifique) présenté comme la voix de son maître à penser psychiatrique. Là aussi, il n&#8217;y a pas d&#8217;autre choix possible si on les écoute. En matière de symptôme, tout devient &laquo;&nbsp;trouble&nbsp;&raquo; (que je laisse volontairement au singulier) et ça se multiplie comme des petits pains. Gori en donne quelques exemples savoureux dont je ne me souviens plus les intitulés, mais comme vous allez regarder la vidéo, c&#8217;est pas grave non plus ! Ça se multiplie comme des petits pains bénis pour l&#8217;industrie pharmaceutique des psychotropes florissante. On en donne aux enfants maintenant, j&#8217;ai remarqué ça des services de pédopsychiatrie dans lesquels je me rend pour rencontrer les étudiantes en stage. Avant, c&#8217;est pas vieux, allez, 10 ans peut-être, prescrire de la chimie pour les gosses, c&#8217;était une affaire exceptionnelle, plus maintenant. Bien venue dans le monde lisse de la Ritaline.</p>
<p><span style="color: red;">Pour en finir avec l&#8217;agitation</span> il faut que les enfants prennent tous leur Ritaline au petit déjeuner, avec leurs céréales. Gori pointe des paradoxes tellement évident qu&#8217;à ne pas les voir cela devient très suspect et légèrement exaspérant. Notamment, et cela me touche, moi qui ait des enfants, comment demander à des enfants d&#8217;êtres sages, d&#8217;écouter patiemment la maîtresse qui nous fait chier avec ses conneries sans intérêts, d&#8217;écouter ces vieux cons de parents complètement largués, alors que la télé passe son temps à m&#8217;agiter, que mes jeux vidéos me farcissent le crâne et les nerfs, de mort, de violence et d&#8217;abus de toutes sortes, que mon ordinateur me perfuse du pire du monde entier à chaque seconde qui passe. Alors que le monde me prépare à la guerre, à la concurrence à tout prix ! Il faudrait que je reste peinard ? C&#8217;est débile ! Et puis quoi, ne sommes-nous pas à une époque dans laquelle ce qui est requis de l&#8217;homme, c&#8217;est sa capacité d&#8217;action, une hyperactivité constante soutenue par des médicaments si nécessaire ? Le message est clair : tu t&#8217;agites quand je t&#8217;en donne l&#8217;ordre !</p>
<p>J&#8217;en connais, ils ne sont pas dépressifs, ô non, ils n&#8217;ont pas le temps. Être dépressif, c&#8217;est prendre le temps du gouffre, de la profondeur d&#8217;une nuit intime, c&#8217;est voyager dans l&#8217;inter-dit. Ceux-là n&#8217;ont pas droit à la dépression, ils ne se la permettent pas et y verraient même un déshonneur, une petitesse. Ils courent et son maigres ! Moi, je ne bouge pas tant que ça, je fais du gras et je pense, je réfléchis, je me penche sur mon cas. C&#8217;est pas bien !</p>
<p><span style="color: red;">La sécurité ou la mort</span>. C&#8217;est cela qu&#8217;on nous propose aujourd&#8217;hui et que j&#8217;ai retrouvé dans le livre et dans la vidéo que je vous propose. Mais la mort est gagnante des deux côtés, les forces de mort.</p>
<p>Pour finir ce long billet, je voudrais proposer une réflexion que j&#8217;ai trouvé des deux côtés plus ou moins explicité : la méthode du néolibéralisme, idéologie nouvelle du capitalisme agonisant, pour persévérer dans son être (comme dit Spinoza) est de <em>tout</em> changer en permanence. En somme : pour ne rien changer, changeons tout !</p>
<p>Pour appeler de la sécurité il faut maintenir dans l&#8217;insécurité, la peur, la violence, la douleur, la souffrance. Pour vendre des drogues il faut multiplier les troubles qui génèrent le marché pour les drogues. Pour appeler à la stabilité, au retour du même, il faut sans arrêt projeter les sujets dans des réformes, des modifications bureaucratiques tant et plus qui les déstabilisent et qui épuisent leurs capacités d&#8217;adaptation. Pour générer une demande d&#8217;antalgiques, d&#8217;analgésiques, d&#8217;anesthésiques, il faut faire mal à l&#8217;âme et au corps ! Pour que l&#8217;individu ne veuille plus se gérer et confie les rennes de sa vie à l&#8217;Autre, l&#8217;expert, il faut l&#8217;obliger à s&#8217;auto-évaluer en permanence, le rendre responsable de ses défaillances, de ses troubles, qu&#8217;il voit à quel point il est incompétent, c&#8217;est cela que l&#8217;on nomme, <em>la nouvelle gouvernance</em>.</p>
<p><span style="color: red;"> Que Gori et Damasio me pardonnent</span> les libertés que j&#8217;ai prise sans aucun doute avec leurs propos. C&#8217;est pour la bonne cause, la cause de la liberté et la cause de l&#8217;humain qui est ce qui s&#8217;en fout le camp non pas par le canal des larmes mais par le trou de l&#8217;aiguille qui perfuse de l&#8217;antidépresseur partout, dans les salons et les bureaux, pour ne plus penser, pour ne plus ressentir, pour ne plus crier.</p>
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